Acid Dreams

2009. C’est la lutte finale.
Devant l’usine, des dizaines de salariés en gilet fluorescent manifestent, banderoles en mains, refusant de voir leur gagne-pain fermer ses portes.
Derrière la vitre du bus, je suis bouche bée en regardant cet immense complexe, cette haute cheminée, j’imaginais les machines, les cuves. Je pensais à ce que pouvait ressembler cet endroit, à l’abandon. Toute cette surface, digne du décor d’un film post-apocalyptique.
Malheureusement quelques mois plus tard, le capitalisme obtient gain de cause. Cette usine, produisant divers acides, acides tartiques, acides sulfuriques, acides aminés (heu … non …), ainsi que des crèmes glacées (whaaaaaaat ????) fermera définitivement ses portails, laissant sur ses murs les slogans déterminés de ceux qui ont su la maintenir en vie depuis 1748. Gouffre financier d’après les anciens dirigeants, véritable danger écologique, tout s’arrête là.
En 2012 je commence à m’intéresser à l’urbex et pense directement à cette usine. Mais elle semble impénétrable et on me déconseille vivement d’y aller, elle aurait été occupée. Des âmes courageuses diplômées de course à pied et escalade m’ont fait état de types en quad et de chiens qui ne réservaient pas d’accueil favorable.
Puis depuis un an le ton change, l’usine ne serait plus occupée. Et là, je me décide à foncer.
L’extérieur est vraiment un régal, les anciennes cuves d’acide sulfurique me font penser à la map « Pipeline » du jeu « Urban Terror ». On y tourne un clip électro dont le son fait penser à Vitalic, sans être lui. Il y a une jolie bastide, qui garde encore de sa beauté, même en étant graffée. Car il y a eu du passage.
Malheureusement, les intérieurs sont condamnés. Ainsi que les machines les plus intéressantes de l’usine. Frustrant, d’autant plus que ça fait plus de cinq ans que j’attendais avec impatience de pouvoir franchir le portail.
Mais j’attendrai encore. L’urbex c’est parfois une question de patience, dans une certaine limite. Car à mon avis, il reste peu de temps avant de voir cette usine tomber sous les pelleteuses, j’ai déjà remarqué quelques carottages de mauvais augure.

 

Comments

comments

amelie Écrit par :

Soyez le premier à commenter

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *