L’usine “La French”

Ce coup-ci, le bouche à oreille m’a amenée dans ce lieu plutôt pas mal saccagé. Au vu de sa position, il y a eu pas mal de passage, notamment un camp de Roms qui s’est fait expulsé voici quelques années. cependant, il a du potentiel et il est quand même immense !!

Je me renseigne sur les multiples vies du lieu, qui existait déjà en 1930. Les panneaux sur place attesteraient un centre de formation pour adultes. Le net parle d’entrepôts alimentaires. Et depuis plus de 10 ans, le lieu est soumis à l’abandon.

L’usine en 1969. Les hangars de gauche dont seules restent les façades ont été démolis entre 2003 et 2008, probablement à cause du risque d’effondrements.

Mais je sens le potentiel, et je ne suis pas la seule inspirée, car en 2016 les entrepôts ont accueilli une exposition ! Je me dis que pour cette journée spéciale, car je suis interviewée par La Provence qui veut parler d’urbex à Marseille, je pouvais choisir ce spot.

Un effet de lumière ça donnait quelque chose. Photo : pointcontemporain.com

Mais attendant les journalistes je ne me sens pas rassurée, malgré les gens qui ont pu m’assurer être entrés tranquilles. Je vois des types qui rentrent tranquilles eux aussi, et ils n’ont pas la dégaine d’explorateurs ! Bon, je me dis que ce sont peut être des squatteurs qui font leur vie, et nous on fera la notre. Les journalistes finissent par arriver, et nous entrons sans aucune difficulté. Je commence à shooter la cour, et l’intérieur des premiers bâtiments, et une phrase de Gaspar noé trotte dans ma tête “le temps détruit tout”. Un reste des fortes émotions des jours passés, ou ce moment fort que je suis en train de vivre, allant à droite, à gauche, prenant la pose.

Puis arrive un gars baraqué en scooter noir, qui passe faire un tour dans les bâtiments. Il m’intrigue car il ne ressemble ni à un SDF, ni à un explorateur, ni un taggueur, ni un dealeur. L’option qui reste : c’est peut-être un gardien. Il me demande ce que je fais là, et lui explique. Il prend un faux air dur “L’accès au chantier est strictement interdit !!!”. Mais derrière cette montagne, je sens un personnage plutôt tendre et sympa et décide de jouer la carte “fais un joli sourire au monsieur“, et insiste sur l’utilité de ma démarche. Il se radoucit mais finit par m’expliquer “Ce n’est pas que je ne veux pas, mais vous savez qu’il y a un réseau de stups ici ? Vous savez j’y ai eu des confrontations où j’ai failli ne pas ressortir en entier, je ne veux pas qu’il vous arrive la même chose ! “. Hum, parfois je ne préfère pas courir le risque de poursuivre une exploration que je commence à ne plus “sentir”. Il nous laisse pronto terminer les photos et les prises et nous repartons vers un autre lieu non loin pour terminer ce reportage.

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