La faculté de chimie

C’est du “just-in-time” pour cette exploration.

Bien que je n’ai pas de bons souvenirs de la période “fac” de ma vie, une période où je me suis pas mal cherchée à vrai dire, alternant mauvais choix de master d’informatique (je fais encore des cauchemars sur les grammaires de langage LL2K) et test d’un an de biologie, j’ai toujours eu envie de visiter une faculté abandonnée. J’aurais pu avoir l’occasion de faire celle de Toulouse, ville où j’ai passé mes années étudiantes, justement, mais j’ai toujours remis à plus tard. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard, enfin …

D’abord allée en repérage avec Guillaume, “un binôme de qualité” lui aussi, je n’avais pas osé entreprendre cette exploration. Pour la simple et bonne raison que ce bâtiment, désaffecté depuis 5 ans, fait partie d’un ensemble en chantier. Et effectivement étant un samedi, nous n’avons pas été surpris de trouver voitures, puis ouvriers là-dedans … et puis c’est une histoire qui peut sentir le gardien les caméras de surveillance et les alarmes, tout ça … donc nous sommes repartis bredouille.

En fait, non ! Guillaume a pu y revenir, et poster sur son site ses images. Alors j’ai décidé de tenter ma chance à mon tour, quelques mois après, un jour férié.

A propos du lieu
Nous sommes ici dans l'une des plus vieilles facultés de sciences de France, les bâtiments sont magnifiques et historiques. Mais l'institution a déménagé en 2015 dans des locaux plus modernes. Aujourd'hui les bâtiments sont en travaux depuis quelques mois pour devenir prochainement un espace de coworking et Fablab. Le grand concept à la mode qui pousse comme un cercle de champignons … une belle reconversion.

L’accès ne se fait qu’à un seul endroit, et c’est facile de pénétrer dans ce chantier, que je traverse à pas de loup en mode ninja. Depuis la dernière fois, ça a pas mal changé, des bâtiments se sont construits et j’ai du mal à trouver mon chemin. Finalement le Graal se présente devant moi. Hum, des fenêtres ont déjà été changées. Je contourne le bâtiment, à la recherche d’une entrée, testant d’abord celle qui m’a été indiquée … mince, ça ne veut pas s’ouvrir ! j’insiste, rien. Je poursuis mon tour, on m’avait parlé des fenêtres donnant sur la cave, mais toutes sont comblées. Par les fenêtres du rez-de-chaussée, je vois les salles, avec tout le matériel, comme sur les photos que j’ai vues. L’odeur de l’urbex ne trompe pas, je-veux-rentrer. Sur une porte, un écriteau se veut peu rassurant : ce bâtiment serait sous alarme et surveillé 24h/24. Mais j’ai appris à faire la différence entre un vrai écriteau et un faux-pour-faire-peur (évitez d’y mettre des étoiles, ça ne fait pas vraiment sérieux, les gars !). Déjà, je ne vois pas d’appareil susceptible de trahir un détecteur de mouvements ou une caméra. Mais derrière moi j’ai un comité d’accueil : quelques chats de gouttière se reposent dans le jardin et me regardent d’un air réprobateur, le même genre de regard que celui que me faisait Pasha quand je retrais à la maison exceptionnellement entre midi et deux pour manger : “Qu’est-ce que tu f… là, toi ? barre-toi ! “.

Mince, je n’ai quand même pas fait tout ce chemin pour en arriver là. Mon intuition (fidèle compagne) me dit de persévérer, et je retourne vers cette fameuse entrée, je manipule différemment l’ouverture et joie, la porte s’ouvre ! Que la fête commence ! Je remarque que la cave a été réinvestie en QG de chantier, on est loin du local associatif comme indiqué sur les autocollants, c’est plein d’outils, et de là, je traverse les couloirs cimentés. Les pièces ont l’air d’avoir des stigmates de premiers travaux, je remarque d’ailleurs un pc dans une d’entre-elles, avec son écran cathodique qui me ramène en arrière. Je l’entends ronronner. J’en conclus que l’électricité est toujours fonctionnelle, et décide de rester vigilante sur tout appareil qui peut clignoter durant ma visite. J’ai tellement peur de me faire surprendre que j’entends mon propre cœur de l’extérieur !

C’est au rez-de-chaussée que la visite devient intéressante, je tombe sur une première grande salle, sur le bureau trône un Minitel, l’objet qu’on ne rencontre plus qu’en urbex … Mais pour poursuivre la visite dans ce bâtiment bizarrement configuré, il faut monter à l’étage, là où sont les locaux administratifs (ou les bureaux des professeurs) et quelques labos de recherche. Tout commence à être sens dessus-dessous dans les bureaux, et ils ne sont pas vraiment intéressants. Je m’aventure dans le second étage, précautionneusement : l’escalier ne me semble pas super fiable, et au final donne accès au grenier, vide, bof.

Retour au rez-de-chaussée, dans l’autre aile cette fois, et là je tombe sur les parties les plus sympas du lieu : une énorme salle de TP, avec encore pas mal de choses sur les tables, et l’amphithéâtre. Il y a des inscriptions sur le tableau noir, des dédicaces d’urbexeurs à la craie, une phrase “la photo c’est la vie” (carrément !). Sur le bureau de l’enseignant, un rétro-projecteur y prend encore place … entre les Minitels, les écrans cathodiques, et lui, j’ai l’impression de me projeter dans les années 90 ! Ce doux temps où j’imprimais mes exposés sur des “transparents” … les moins de 20 ans qui me lisez, vous ne pouvez pas comprendre.

Je n’ai pas vraiment fait de vieux os, et j’ai bien refermé la porte qui m’a permis d’entrer. Au final, pas de gardien, pas de caméra ni d’alarme, bizarre, vu tout ce que ce bâtiment continent encore …


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