Le Château du Sultan

A Gilloux …

Un endroit qu’on ne présente plus, visible depuis la route, et en fait rêver plus d’un … Car ce château est comme un vieux monsieur qui garde la tête haute, toujours debout, digne, avec sa prestance d’antan.

Construit à la fin du XIXeme siècle par le maire de la commune, il connut de nombreux propriétaires, dont le prince Pakistanais Ali Khan et l’homme d’affaire Emil Jellinek, qui donna le nom de sa fille Mercédès à la célèbre marque de voitures. C’est en 2006 que la bâtisse est cédée à la ville.

Le château dans ses belles heures

Ce château, même dans sa ruine, demeure beau. Je voulais le visiter depuis pas mal d’années, cherchant l’occasion d’aller me promener dans le coin, et faire dans la foulée l’observatoire qui est non loin. Aujourd’hui c’est chose faite, la vie ayant voulu que …

L’accès se fait facilement par le grillage, mais après c’est la jungle. J’ai du mal à voir comment les pompiers ont fait pour entrer là-dedans quand une partie du spot avait brûlé il y a deux-trois ans (j’en avais pleuré de rage, ce jour-là), car je n’ai pas vu de route. Tous se fait dans la forêt, un sentier se distingue, mais nous y allons peu sûres de nous, d’autant plus que le lieu est l’objet de squats, et d’après ce qu’on m’a dit, ces squatteurs-là ne sont pas sympas.

Mais ça ne m’empêche pas à à quelques mètres, de demeurer immobile : “woua, c’est une belle ruine”. J’ai le souffle coupé, l’émotion me gagne.

C’est à pas de loup que nous pénétrons dans la cour, et effectivement, en m’approchant, je vois dans l’escalier une tente et plein de vêtements suspendus à un fil. Ce coin est “occupé”. Je n’ai pas envie de déranger les locataires outre-mesure et nous montons pour continuer la visite, c’est obligé, c’est somptueux, grandiose, gigantesque, même si la plupart des pièces se sont effondrées. Il y a toutefois un tunnel mignonnet qui mène à des pièces, qui même très abimées, valent le coup d’œil.

Nous nous attardons sur les lieux pour profiter de la vue, de l’ambiance. Ici le temps s’est juste arrêté, la nature reprenant ses droits. J’aurais bien aimé arrêter le temps à ce moment-là, certains espoirs en suspension mais la vie nous rattrape inéluctablement, nous faisant poursuivre d’autres chemins. Il a fallu rentrer, non sans jeter un dernier coup d’œil, et moi prenant quelques dernières photos en argentique (à venir prochainement).

Le retour a été … épique. Nous nous sommes trompées de chemin, et nous voilà dans la jungle la plus totale, perdues, avec une branche pourrie à la main, nous écartons les ronces, en gardant espoir de pouvoir retrouver la sortie sans égratignures. Ce fut le moment où nous nous sommes prises pour des “Lara Croft dans le Palais Perdu”. Enfin la petite route, et le grillage ! yes !

A ce jour le sort de ce château reste en status-quo. Quel dommage qu’une si belle demeure soit destinée à s’écrouler sur elle-même. Même si les travaux seraient colossaux et nécessiteraient de gros moyens, un chantier interminable, je rêve de voir des grues apparaitre et laisser place à un parc entretenu, un Palais ressuscité. Mais cette visite n’était-elle pas pour dire qu’il faut garder les beaux souvenirs ? Deux jours après cette explo (un aléa n’arrivant jamais seul), un bon ami choisissait cet instant pour partir, discrètement. J’ai une pensée pour lui en écrivant cet article. Il aimait mélanger le passé et le présent, pour lui un cliché était un arrêt du temps : ne serait-ce qu’une seconde après, les choses ne sont plus pareilles.

Tempus fugit.

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