The chemical expected factory

2014. Je suis en vadrouille avec des connaissances d’urbex, nous tournons dans les environs, en recherche d’un lieu à se mettre sous la dent, sans succès. Après ce tour infructueux, nous tombons et pilons sur ce qui semble être le Graal. Un complexe d’usine, avec des vieux bâtiments qui semblent dater, et ce semblant de gros écriteau “je suis abandonnée”. Nous avons comme envie de tenter le coup.

Le portail est ouvert, et deux d’entre nous se décident d’entrer, je reste dans la voiture, pour surveiller et tâter le pouls, au cas où. Deux employés se garent à côté, et non. L’usine n’est pas abandonnée, mais après une recherche je comprends qu’elle le sera assez tôt … jusqu’à ce jour tant attendu de 2019 … je vois des photos de l’usine passer dans un groupe et me renseigne : à ce jour il n’y a bien plus personne qui y travaille, et un bout de ce complexe a déjà été réhabilité. Hum, it’s time ! J’en parle à un pote de l’asso photo dont je fais partie, qui a bien envie de se remettre à l’urbex, après une longue pause.

A propos du lieu ...

Ici il s'agit de tout un pan et du déclin de l'ère industrielle du XIXeme siècle : crée à la fin des années 1800, elle produisait jusqu'aux années 90 acides, soude, engrais, carbonate et sulfate de cuivre, pour être ensuite reprise et gérer la revalorisation de déchets mercuriels, ainsi que la fabrication de sels d’aluminium destinés au traitement des eaux, au traitement des bétons projetés et à l’industrie chimique. En 2012, la liquidation judiciaire est annoncée. Il en reste les cheminées rampantes témoins de la fabrication des divers acides, et les hautes cheminées qui jouxtent les collines voisines.
Étendue du site en 1950

La journée promet d’être chaude, les cigales sont de sortie … mais pourquoi je visite toujours les usines en plein cagniard, aussi ? Mon compagnon de visite est également conquis par cet immense terrain de jeux, accessible très facilement, où un seul bâtiment, en meilleur état se refuse à nous. Mais les autres nous montrent ce qu’ils ont dans leur ventre. Le premier, un labo de chimie, certainement où devaient être réalisés les échantillons :

Pour moi le plus intéressant, car il me rappelle les cours de chimie au collège et lycée avec tous ces appareils.

Nous circulons ensuite à travers les bâtiments, de toutes les époques, en vieille brique, et d’autres, plus récents. On remarque un atelier dans unes des granges. Il y reste les outils et affiches, et un bureau surplombe le tout. Probablement les locaux du chef à l’époque, pour surveiller ses gars. Il y a encore pas mal de dossiers et des armoires remplies, c’est fou ! cependant en prenant nos clichés nous entendons des pas, et le passage d’une voiture. Nous restons silencieux un moment, pour ne plus rien entendre, mais nous nous promettons la discrétion de deux moucherons.

Travaillez fort, les gars !

Une des bâtisses ne m’est pas revenue, les panneaux, et les feux bicolores l’indiquent, mais quand je me faufile à l’intérieur je n’aime pas l’odeur qui y règne. ça me fait penser à l’odeur qui se répand dans la pièce quand je fais des tirages en argentique, en plus fort, donc je pense que l’endroit est pas mal pollué, voire toxique, et fait demi-tour fissa. Il ne faut pas plaisanter dans ces cas-là, et j’aurais même du mettre un masque !

Mais quelques mètres plus loin, je trouve un énorme entrepôt, et les machines gigantesques m’impressionnent. La plupart des murs sont taggués, preuve qu’il y a souvent de la visite.

Tout ceci n’est pas sans me rappeler l’usine “acid dreams” que j’avais réalisée deux ans plus tôt, mais l’avantage ici, les bâtiments sont accessibles.

Finalement, après trois bonnes heures de visite bien sympa, nous nous résolûmes à partir, en passant par là où nous sommes entrés. Et au moment de se faufiler à travers la grille ouverte, une fourgonnette blanche débarque. Le chauffeur n’est pas ravi de nous voir, nous informe qu’il est le gardien du site, que nous n’avons pas le droit d’être là et nous sermonne en nous menaçant de nous balancer à la police la prochaine fois qu’il nous rencontre. Heureusement ceci arrive quand nous partons, et nous allons boire une bière mon pote et moi en conversant d’un autre sujet intéressant, comme … la photo ou … les femmes. En sirotant notre breuvage tiède, nous observons notre gardien qui serpente plusieurs fois le long de la colline. Ce site est vraiment plus grand qu’il en a l’air et nous avons dû passer à côté d’autres choses, mais nous en avons bien profité, et juste à temps !

Autres photos de la visite :


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